
| SOLLICITUDE C'est une histoire de vie et de mort Elle raconte une séparation qui est aussi naissance et promesse de croissance Avant que rien n’existe un projet mûrit dans le cœur du Vivant créateur de toute chose Il s'agit de la Vie... Le Vivant crée un humain à son image mâle et femelle Il leur donne un nom, Terrien, adam Le terrien est formé de la terre, adama Il doit servir la terre d'où il est tiré pour qu'elle produise le pain qui nourrit la vie Le Vivant plante un jardin pour le plaisir du terrien Le jardin est beau Ses arbres portent des fruits qui sont bons à manger C'est bon! Mais encore… Le Vivant fait surgir un arbre au milieu du jardin Chaque jour le terrien tourne autour Le nom de l'arbre est l'Arbre de Vie Ses fruits sont bons et mauvais C'est ainsi... Le Vivant fait couler un fleuve qui pénètre dans le jardin pour l'arroser De là, les quatre branches partent en serpentant vers la forêt et la steppe vers la mer et le désert Là le monde attend scintillant d'or et de pierres précieuses Le monde est vaste et le terrien, petit La solitude pèse dans son cœur trop humain Le Vivant s'arrête et réfléchit tout en donnant au terrien un avertissement Tu mangeras de tous les arbres du jardin mais de l'arbre qui se trouve au milieu du jardin tu ne mangeras pas car le jour que tu en mangeras mourir, tu mourras ! Par la fraîcheur du soir le Vivant prend de la terre et fabrique des compagnons pour réjouir le cœur du terrien les oiseaux du ciel les poissons dans l'eau les fauves de la savane et le bétail sur l'herbe A chacun le terrien donne un nom C'est bon! Mais encore… Le Vivant dit Pour combler son attente je ferai pour le terrien sa contrepartie Le terrien s'endort et de son côté le Vivant retire une femme Quand le terrien s'éveille il se frotte les yeux et se met à chanter Celle-ci est comme moi ! Elle sera appelée Femme Séparé d'elle je m'aperçois comme Homme Lui est nu et elle est nue Ils sont heureux et leur différence ne les frappe point C'est bon! C'est très bon! Mais encore… * La femme se tient près de l'arbre au milieu du jardin Elle admire sa puissance et tend vers l'arbre ses bras pour en entourer le tronc A ce moment, voilà la tête d'un serpent surgit devant elle Le serpent lui dit Alors vous ne devez pas manger de tous les arbres du jardin... Si, si, dit la femme de tous les arbres nous mangerons mais du fruit de l'arbre au milieu du jardin nous ne mangerons pas Nous ne devons pas le toucher de peur de mourir ! Mais non! dit le serpent La Divinité sait que le jour où vous en mangerez vous serez comme elle Vous connaîtrez le bon et le mauvais La femme sent en elle un frémissement de vie Elle regarde l'arbre, appétissant et beau et, désireuse de la connaissance qu'il procure elle tend la main, prend un fruit et mange Elle en donne à son homme il mange Alors leurs yeux perçoivent leur différence et ils cueillent des feuilles pour se couvrir la nudité Le Vivant, qui sait tout les appelle Où êtes-vous ? Qu'avez-vous fait ? Ils se cachent au milieu de l'arbre Le terrien dit, La faute est à la femme ! La femme dit, La faute est au serpent ! Le serpent ne siffle pas mot ! Le Vivant soupire et dit au serpent Puisque tu as dévoilé la différence qui caractérise le monde toi, tu seras différent de toutes les autres bêtes Tu ne voleras pas comme l'oiseau ni ne nageras comme le poisson ni ne marcheras comme les animaux mais, sans pattes, tu te glisseras sur ton ventre à la surface de la terre Les plantes ne te nourriront point mais tu avaleras de la terre Le terrien, par crainte de toi te frappera à la tête Et toi, de la terre tu lui mordras le talon Et à la femme Tu as choisi la vie et tu donneras la vie à une progéniture mais tu subiras le travail qui annonce chaque naissance et ton cœur te portera vers ton homme qui, lui, te dirigera Il y a du bon et il y a du mauvais Et au terrien Tu cultiveras les plantes et grâce à ton travail, tu en feras le pain qui nourrit la vie mais les mauvaises herbes envahiront ton champ et tu les arracheras à la sueur de ton front Puis quand tu t'arrêteras pour manger ton pain ta sueur te rafraîchira Et le jour viendra où tu trouveras le repos en revenant à la terre d'où tu fus tiré Il y a du bon et il y a du mauvais Le terrien donne un nom à sa femme Il l'appelle "Vie" Le Vivant, maternel tendrement les habille et dit Maintenant le terrien est prêt à partir Toutefois, les jours de sa vie seront comptés Le terrien et sa femme sont expulsés du jardin sans espoir de retour car les dragons barrent le chemin de l'Arbre de Vie et une épée tournoyante tranche le cordon qui noue le nombril * Si le fruit reste dans l'arbre la semence ne tombera pas sur la terre © Mary Phil Korsak |